Les artisans
Catherine Marlier RiquierAtelier ElfabricsThis email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
J’ai commencé par travailler avec des matériaux de récupération il y a déjà plus de 20 ans. Du vieux piano privé de voix au ressort cassé d’une montre, en passant par le plastique, le métal et le livre, tout est prétexte à la création. Ce qui m’intéresse dans des objets mis au rebut, c’est la rencontre singulière ;   le premier regard est une invitation à la rêverie, à l’association souvent insolite d’images. Le processus créatif est en route. Les objets deviennent autres et commencent une seconde vie.
Mon travail avec l’objet livre a évolué avec les années ; en 2009, j’ai osé plier un livre, le travailler comme un objet de sculpture en soi en 2012, pour aujourd’hui, le regarder comme une matière sensible.
En 2009, j’ai commencé à m’intéresser au livre, en tant qu’objet, par le détour des illustrations qui souvent s’y cachent. Sortir le livre de la vitrine, oser le toucher, plier les pages, découper les illustrations, coller et le mettre en scène ... Le livre s’ouvre, se déplie et se montre à l’autre : personnages, décors, actions, tout devient mouvement et vie.
Dans les année 2012, mon travail évolue, pour commencer une réflexion sur le livre, comme objet de sculpture en soi.  Pas si simple d’oser plier un livre, un geste interdit par une éducation liée au respect de l’objet sacré.  Pli et repli, lentement, pages après pages comme un geste répétitif, une forme, un rythme, des couleurs apparaissent. Ne pas chercher à imposer une forme mais suivre le caractère du livre, laisser les mains se mettre en mouvement au fil de mon imaginaire et des résonances intérieures.
Depuis 2015, je m’intéresse plus particulièrement à l’intérieur du livre, ce qu’on ne voit pas. « C’est le cœur du livre » m’a dit un petit garçon lors d’une exposition en voyant ce que j’appelle des « tranches de livres ».  L’intérieur du livre comme un univers sensible, découvrir la trace fugitive de l’écriture, des petits points noirs et gris comme une empreinte, un peu comme une mémoire fragmentée des mots des vieux livres. Le papier comme une matière vivante qui appelle à l’effleurement, plissé il est "velouté au toucher".
Je peux aussi intégrer d’autres matières, comme par exemple le bois sous la forme d’un éventail, objet comme un déploiement des plis, une ouverture à l’autre ou le masque d’une certaine pudeur.
Juste un instant : 
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